PETER ZUPNIK

MÉDIA - Lucia Benická

Peter Župník est considéré comme le plus poétique des photographes du mouvement « New Wave ». Sa manière de travailler est très différente de celle de ses contemporains en ce qu’il évite toute mise en scène, toute situation pré établie. Il recherche un instantané à partir duquel il pourrait faire surgir un conte fantastique et amusant. Il parvient ainsi à saisir une réalité en désordre qui nous apparaît d’une distrayante clarté.

Son "rituel" créatif est en apparence fort simple: à partir de nombreux clichés, il recherche intuitivement celui qui dégage une sorte d’aura mystérieuse. Il l’agrandit alors et se laisse porter par la fantaisie : chaque photo qu’il touche à l’aide d’un léger pastel devient alors une œuvre originale. A partir du même négatif, il ne fera jamais la même œuvre, la main de l’artiste les rendant chacune différente.

« Quand je commence à travailler sur une photo, je n’ai jamais d’idées préconçues sur ce qui va se produire. J’ai envie de quelque chose, je le ressens et au bout du compte, ça apparaît… Ainsi, je rassemble des choses qui n’ont apparemment aucun lien entre elles. Je repousse les limites de la logique, limites qui n’existent pas pour moi, et alors la photo prend une dimension nouvelle. »

L’œuvre de Župník est difficile à retracer chronologiquement : il passe son temps à piocher dans les archives et réinterprète ses photos avec des pastels.

« Je prends des photos sans aucune continuité de thème ou de logique et c’est seulement après plusieurs années que je découvre des relations entre elles. Apparaissent alors des sujets récurrents dans mon travail : les Natures Mortes que l’on trouve spontanément sur les tables, les fenêtres, les œuvres en plâtre auxquelles j’ajoute ou je retire quelque chose. Aussi, la série des Animaux, chats, oiseaux…allusions à la nature et ses mystères. Plus récemment, je me suis rapproché des choses simples de tous les jours que l’on ne voit même plus. Et c’est la série des ‘Petites grandes choses’. Peut-être qu’une nouvelle ‘collection’ viendra, consacrée uniquement aux détails. J’agrandis les choses apparemment petites ; elles font juste partie d’une mosaïque tâchant d’atteindre l’éternel. »

Le travail photographique de Župník crée un monde imaginaire de contes et de fantaisie très diverse de formes colorées. La musique et la poésie, autres sources d’inspiration, transparaissent également dans de nombreuses œuvres.

« Je n’ai jamais envisagé un cycle avec des photos en rapport les unes avec les autres : une photo est une histoire à elle toute seule, elle n’a pas de suite et met un point final à la narration ».


Lucia Benická, 2001
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